Le forfait jours pour les journalistes, c'est NON !

La direction veut mettre en place une nouvelle façon de décompter le temps de travail des journalistes de Radio France, dès le 1er janvier 2027. Elle veut en finir avec le cadre actuel : 40 heures de travail hebdomadaires, soit 8 heures par jour, et lui substituer un nombre de jours à travailler dans l'année : 207 jours par an. FO Radio France est contre ce changement.

 

Avec le forfait jours, la direction affirme reconnaître l'autonomie dont bénéficieraient les journalistes de Radio France dans l'organisation de leur travail. Elle brandit aussi une carotte financière : une augmentation de salaire pour ceux qui accepteront de passer au forfait jours (8 % pour ceux qui signeront un avenant à leur contrat de travail pour entrer dans le dispositif au 1er janvier 2027, 5 % pour une entrée au 1er janvier 2028).

FO Radio France ne signera pas d'accord sur la mise en place du forfait jours car :

 

  • Avec le forfait jours, la seule obligation légale est d'avoir 11 heures de repos consécutives entre deux journées de travail. Cela signifie que l'amplitude de la journée de travail (c'est-à-dire le temps total de présence et de mobilisation, pauses comprises) peut légalement atteindre 13 heures. Le cadre de la journée de travail de 8 heures, plus sécurisant pour éviter les abus, tombe. Et la direction ne présente pas de réels garde-fous pour éviter les dérives. L'outil de suivi et le contrôle régulier réalisé par le supérieur hiérarchique ne sauraient suffire.
  • La mise en place du forfait jours entraîne la suppression des trois semaines de congés divers dont bénéficient les journalistes au titre de la compensation des jours fériés. À la place, les journalistes récupèreraient donc onze jours fériés, décomptés du forfait.
  • Comme il n'y a plus de décompte horaire du temps de travail avec le forfait jours, les heures de nuit majorées disparaissent, remplacées par des indemnités forfaitaires trop basses.
  • La direction refuse que le passage au forfait jours soit réversible dans la durée, ce qui est le cas chez nos confrères de France Télévisions qui peuvent, tous les deux ans, revenir au dispositif précédent.
  • La direction compte imposer cette nouvelle façon de décompter le temps de travail à tous les futurs journalistes de Radio France, qui n'auront donc pas le choix.
  • Fondamentalement, il est faux d'affirmer que les journalistes bénéficient d'une réelle autonomie dans l'organisation de leur travail, ce qui est une condition légale préalable pour pouvoir proposer le forfait jours à un salarié.

Pour FO Radio France, la mise en place du forfait jours, telle qu'elle est pensée par la direction, s'apparente à une attaque en règle du conquis des journalistes. C'est la porte ouverte à des journées de travail toujours plus longues et chargées, et à une augmentation des situations de souffrance au travail, ce que nous refusons et combattons.

 

La direction a-t-elle déjà oublié les conclusions du tristement célèbre rapport ISAST qui pointait, en 2022, les « très fortes amplitudes horaires » des journalistes et des charges de travail excessives avec des dépassements horaires s'apparentant à du « travail dissimulé » ? Peut-être veut-elle justement se sécuriser en faisant disparaître le cadre du décompte du temps de travail en heures (de la journée de 8 heures), plus protecteur selon nous pour le salarié ? Nous nous y opposons fermement.

 

Ce n'est pas en détricotant le cadre social que la direction de Radio France regagnera des jours de travail pour les rédactions, mais en embauchant de jeunes journalistes avec des salaires attractifs et de bonnes conditions de travail, ce que nous revendiquons.

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